Vive le Québec!
Un petit mot pour commémorer le 10ième anniversaire du Référendum de 1995. À pareille date, il y a 10 ans de cela, j’étais un petit gars de 11 ans qui regardait, les yeux pétillants, ceux de mon père, encore plus brillants. On regardait Bernard Derome sonder ici et là les intentions de votes des Québécois, et l’écoutait analyser les résultats. Pour moi, un comté électoral ne me disait rien. Pour moi, une situation géographique n’impliquait en rien des idéologies politiques différentes. Pour moi, c’était simple: OUI. Je ne me posais même pas la question; en fait, écouter mes parents parler du référendum précédent, du leadership de Lévesque, et de ressentir leur coeur à travers ces histoires, avait été suffisant pour me convaincre, dès un bas âge, que le Québec n’était pas le Canada. Alors j’emboitai le pas en cette direction.
D’ailleurs, je me rappelle très bien des quelques semaines précédents ce référendum. À l’école, t’avais les enfants des parents NON, et les autres des parents OUI. Les uns disaient que nos comptes de banque allaient fermer advenant une victoire du Québec, ou encore que toutes les compagnies allaient déménager. “Aller retirer votre argent le soir d’avant!” m’avait dit un copain. Les autres, (un peu plus brillants et étant issus de bonnes familles avec des valeurs à bonne place) se réjouissait du changement qu’allait apporter une victoire; on ne savait pas trop ce qui allait se passer, mais ce qu’on savait c’était qu’on allait être un pays qui se tient (parce que si tout le monde “NON” partait, on allait être libre, enfin!).
Je me rappelle que pour moi, les méchants étaient les vilains anglais-canadiens, et les bons étaient les franco-québécois. “Me semble, y’a assez de place pour tout le monde! Si vous êtes pas content, vous partez!”. Tel était le fond de mon raisonnement. Bon, ça n’a pas tant changé, mais depuis j’ai acquis des connaissances qui n’ont fait qu’augmenter mon sentiment patriotiste québécois. Mais même un enfant insoucieux de ce qui se passe autour de lui pouvait ressentir l’importance du “sondage” de 1995. Et en allant me coucher, j’étais certain que le lendemain, on allait être le QUÉBEC. Au réveil, par contre, je voyais la mine de mon père qui voulait tout dire: à la prochaine fois. “Les ostis d’fonctionnaires de la Ville de Québec qu’y'ont toute la chienne de perdre leu job! C’est tu écoeurant! C’est supposé être toute bleue c’te région-là!”.
Peu importe la raison, j’ai compris qu’il y avait sensiblement le même nombre de personnes qui voulaient se séparer que de contre. Mais la démocratie étant la démocratie, un si maigre pourcentage de différence fait toute la différence. Et la politique étant la politique, les hauts-dirigeants du Canada avaient plus d’influence sur l’opinion publique, leurs tantacules étant de loin plus présentes dans l’engrenage canadien que celles des Souverainistes. Pour gagner, la prochaine fois, nous devrons donc avoir 70% de la population francophone derrière nous.
Finalement, en cette journée de commémoration, je me fous bien de Charest qui dit qu’on a pris un choix libre en choisissant le NON. Sérieux? Ah! Je croyais qu’on était en Afrique pis qu’on votait avec un fusil sur la tempe! Épa. Quand y’a 49.5% qui veut se séparer, pose-toi des questions mon petit coco. Si ton parti se disait insatisfait à 49.5% de leur chef (toi), tu voudrais rester? Non, tu te sentirais mal et tu rentrerais chez vous retrouver ta Michou. À moins que tu n’essaies de convaincre tes troupes de t’aimer. Ça, on appelle ça du lèche-botte, pour être poli. Et vous, bande de médias sensationnalistes qui ne cessez d’écorcher Lévesque dans sa tombe, arrêtez parce qu’il pourrait sortir vous hanter! Avoir une bande de fédéralistes au cul toute sa vie, moi aussi je deviendrais déséquilibré mentalement, donc violant! Quand il y a la peste, il y a la maladie! Un bébé dans l’utérus d’une sidéenne ne fera jamais un bébé en santé. Retirez le bébé pendant qu’il est encore temps! VIVE LE QUÉBEC!!
–> Photos: Indépendance-Québec.com | Wikipédia


