L’homme et sa plume
Les mots ont peine à sortir du bout de ma plume,
Même si je la secoue du mieux que je le peux.
Tel un lac si stagnant que se forme l’écume,
Pourquoi donc mon crayon me comprend-il si peu?
Et si ce crayon ne désirait plus écrire?
L’émotion de mes doigts le faisant trop pâlir.
“Tu n’es pas encore guéri” je l’entends dire.
“Laisse ta haine s’effriter et ton bonheur mûrir.”
Mon coeur a besoin de se dépressuriser,
Sans quoi il pourrait exploser, fidèle ami.
“Tu dois le reposer, lui donner un répit.
Arrête d’aimer, même si c’est contre ton gré.”
Je ne peux lui demander une telle chose!
C’est ma drogue quotidienne, il me faut ma dose.
Je préfère un coeur meurtri à un coeur petit
Au moins, il deviendra fort et non noirci.
“Parfois, l’amour est si proche de la haine…
Tu as franchi la ligne, tu as de la peine.
Ton coeur est au vif, il a perdu sa gaine.
Méfie-toi de celles qui prétendront être ta reine.”
Ce n’est pas grave, je me laisserai choir
Dans les bras d’une femme, que pour un soir.
Question de retrouver la paix avec celle
Qui saura gouverner mon coeur, à merveille.

