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Printemps fragiles

Encore un autre documentaire fort intéressant, « Printemps fragiles », signé Télé-Québec, portant sur les enfants au prise avec des problèmes d’orde social et émotifs. Cela a ravivé le sentiment de colère qui m’a épris, il y a un mois, lorsque j’ai écouté le documentaire choc « Les voleurs d’enfance ». Aucun instinct paternel normal ne peut qu’être abasourdi devant de telles réalités.

C’est triste de voir l’État traiter des enfants comme des criminels, alors que tout ce qu’ils ont besoin est un peu d’amour. Et alors que les enfants commencent à bien s’entendre avec leur nouvelle famille d’accueil, il y a cette mauvaise habitude de la DPJ à toujours vouloir donner une seconde chance à la famille naturelle. Dans bien des cas, l’abus recommence. Parce que la plupart des criminels sont récidivistes. C’est aberrant de voir un enfant se faire renvoyé dans sa famille de fous alors qu’il lui a fallu tout son courage pour crier sa souffrance aux adultes « aidants ». Il retourne la tête baissée, se sentant trahi par la société, dans son trou noir où une taloche l’attend pour avoir osé dire la vérité. Parce qu’il y a un manque de ressources nous dit-on. Le dossier de l’enfant ne peut être traité, faute de personnel, faute de preuves, faute de suivi. La confiance du jeune envers les adultes est alors enterrée six pieds sous terre. Son trou noir s’enfonce, et la gravité l’emmène aux abysses de la souffrance.

Prenons le cas, maintenant, d’un enfant « chanceux »; son dossier ayant en effet été retenu par la DPJ. Il rentre dans un établissement sombre, vide de chaleur humaine. À la moindre lueur de menace, on l’envoie dans un isoloir digne d’un asile. N’est-ce pas normal que l’enfant soit troublé, désorienté, fucké? Sommes-nous pas trop impatients? Comment voulons-nous qu’il s’améliore si on est pour l’envoyer en pénitence au moindre geste fautif? Une caresse, une voix calme, un petit mot de courage, tels sont des gestes réconfortants et constructifs.

Pendant ce temps, son parent, dans le pénitencier, se voit prodigué des soins de toutes sortes afin de corriger ses petits bobos. On le gave de thérapies; il faut tout de même qu’il revienne au bercail le plus vite possible pour qu’il puisse prendre soin de son jeune. Or, l’enfant, dans sa chambre aux quatre murs blancs, est laissé à lui-même, faute de ressources, encore. On punit le jeune et on aide les parents. Quel paradoxe aberrant.

-> Photo: Télé-Québec


MauvaisBoff...MoyenBien!Excellent! (Aucune cote enregistrée)
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2 commentaires sur 'Pauvres petits'

  1. Charlène dit:

    le 5 avril 2006 à 02:37

    Je suis totalement d’accord avec toi!
    On soigne comme on enseigne; en mettant dans une case, en appliquant les procédures. C’est d’autant plus triste si l’on regarde de plus près. Ces parents, violents, abusifs, on été eux aussi des enfants. Des enfants abandonnés, trahis, mal-aimés. Et leur souffrance d’enfant demeure, non-cicatrisée, toujours si présente et leur empêche d’aimer.
    Ces enfants répéteront-ils la même chose? Un cercle vicieux horrible!
    Quand on sait qu’il ne s’agirait que d’aimer un peu plus. De tendre la main. De sécher une larme…
    Parce que l’amour guérit.

    Charlène

  2. Perleflamme dit:

    le 15 avril 2006 à 09:13

    La violence amène à la violence. Ces parents ont besoin d’une thérapie et ces enfants d’écoute et d’amour. Laisser une seconde chance, ça peut s’appliquer aux familles ruinées ne pouvant pas, temporairement, s’occuper de leurs enfants correctement et avec tous les soins dus. Mais, dès lors qu’il y a crime sans nécessité (un homma pauvre a pour nécessité de se rationner ; un violeur n’a aucune autre nécessité que de consulter un psychologue, voire un psychiatre, selon le degré de dangerosité), il ne devrait pas il y avoir lieu de donner une seconde chance. Peut-être que, avec leurs hypothétiques futurs enfants, s’ils terminent leur thérapie auparavant, ils pourraient mieux réussir dans leur rôle de parents.