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Une chance que je ne suis pas Sénégalais

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Un cours donné à l'école de la rue

Feignant l’étude, devant la télé, mon attention est attirée vers une bribe d’info portant sur des enfants sénégalais qui étudient dehors. Ils font partie de « l’école de la rue », une nouvelle alternative pour contrer l’analphabétisme qui sévit là-bas. Une école qui compte 120 élèves, tous ayant un bureau, une chaise, un cahier, et un crayon. Quelques-uns sont distraits par le brouhara de la ville, d’autres écoutent religieusement. Le professeur, lui, utilise tout ce qu’il a en sa possession pour donner un cours; il vient même qu’à utiliser une porte de garage pour pouvoir écrire, et ainsi enseigner. Et un autre qui se retrouve à donner un cours dans un container meublé de chaises et de pupitres. Pourquoi donc? Un manque d’argent, évidemment, mais surtout parce que « l’école sénégalaise souffre d’effectifs pléthoriques et d’un manque d’insfrastructures ». Ce sont des écoles publiques qui, malgré tant d’efforts, continuent de reculer dans les rangs mondiaux d’alphabétisation. Des écoles, dont celles de Dakar, qui deviennent de plus en plus sélectives en filtrant «10% des élèves au passage d’un niveau à un autre » tellement il n’a pas de places. Alors, que devient ce gros pourcentage d’enfants de 9 à 12 qui redoublent leur primaire trop souvent, et qui sont expulsés des écoles? Des pas-grand-chose-de-bons. Et ce n’est certainement pas de ça que le Sénégal a besoin pour améliorer son économie et la qualité de vie de ses citoyens.

Et moi, sur mon continent riche, j’ose procrastiner, alors que j’ai toute cette chance d’étudier dans ce que j’aime, à l’âge que j’ai, et surtout dans les conditions dont je bénéficie. Mais côlic que c’est difficile quand il fait si beau dehors, et que les femmes se mettent à se dévoiler… Mais à l’heure où je vous écris, la lune est levée, la pluie tombée, et les femmes, couchées. Alors il n’y a pas de raison de se mettre à placoter…au boulot!!

-> Sylvain, Anne. “Une audacieuse politique éducative“, Monde diplomatique.
-> Photo: BBC News, UK


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Un commentaire sur 'Une chance que je ne suis pas Sénégalais'

  1. solange dit:

    le 6 juillet 2006 à 09:51

    t’as raison, alex, mes parents ont eu comme toi envie de faire qq chose pour ces enfants…et ils l’ont fait, de toute leur bonne âme. 45 ans passés en afrique noire à leur donner leur savoir, leur aide , qq fois au fin fond de la brousse, à vivre comme eux. Directeur d’école, il leur a prodigué le savoir, la culture. Les week-end ceux qui voulaient apprenaient la culture de leurs terres et cela améliorait le repas des familles et ils vouaient une reconnaissance infinie à mon père. Quant à ma mère, elle leur prodiguait tous les soins voulus(trop loin des dispensaires) en tant qu’infirmière bénévole. En plus, elle apprenait la couture, la sténo-dactylo et donnait des cours de savoir-vivre aux jeunes filles pour qu’un jour elles puissent obtenir des postes ou tout simplement dans les bureaux ou certaines sont mêmes devenues femmes de ministre… Combien j’ai vu à dakar, venir congratuler mon père et ma mère par ces jeunes gens, fiers de venir nous dire leur réussite.Je ne sais comment ils avaient su l’affectation de mes parents sur le sénégal (où je suis née à l’hôpital de dakar en 1950). Mais il est vrai qu’ils avaient été affecté à Kindia (à côté de Conakry, en guinée) où est né un de mes frères et entre autre à Niamey (niger) où est née ma grande soeur. Il y a tellement eu d’autres endroits…Le voilà décoré commandeur des palmes académiques sur la fin de sa vie et lui, disant que qu’il était géné de cette distinction car il s’était dévoué pour le plaisir et non pas pour être récompensé. Paix à leur âme à tous les deux, eux qui me manquent beaucoup et qui nous ont quitté trop tôt. J’aime bien ton état d’esprit, petit Alex. Tu es de nature généreuse. Continu !!!