Des règles qui ont changé
Dernièrement, une conférence de LinuxWorld dénommée « The death of the enterprise software business model » exhibait une cohorte de CEO qui sont tous liés à l’industrie du open source.
Pour ceux qui ne savent pas c’est quoi le open source, c’est un adjectif donné aux logiciels qui sont distribués gratuitement avec toute la source du code à découvert. Puisque tout le monde peut voir comment le logiciel est fait, les personnes désireuses de contribuer au maintient de la mise à jour du logiciel pouvent éventuellement télécharger les fichiers source, les modifier, et améliorer ainsi la qualité du produit. Si on pousse ce principe à grande échelle, on a une bande de programmeurs, très bien organisés soit dit en passant, qui travaillent bénévolement, de chez eux, à améliorer le code d’un logiciel (à rajouter de nouvelles fonctionnalités, réparer des bugs, etc…), et une fois leurs parties combinées, le tout forme un logiciel open source qui est gratuit, et les utilisateurs qui le téléchargeront seront invités à participer, eux aussi, au développement des futures versions. La licence la plus fréquemment utilisée pour un tel logiciel est appelé GPL (General Public License), et garantit à l’utilisateur qu’il peut utiliser le programme à sa guise, le modifier comme il le veut, et aussi le redistribuer.
Bon, pour revenir à ma conférence sur le monde du open source, on peut maintenant mieux comprendre pourquoi l’industrie du logiciel vit un gros changement. À l’heure actuelle, presque tous les gros logiciels coûteux ont leur homologue à code ouvert qui est gratuit. On pense à la suite de Microsoft Office (environ 400$) qui a OpenOffice (gratuit) comme compétiteur, lequel présente des fonctionnalités quasi identiques. Ou encore PhotoShop (800$) qui a vu naître un jumeau prénommé Gimp (gratuit) et qui offre, lui aussi, un rendement exceptionnel. Pensez juste à Windows (environ 500$) qui a Linux à ses trousses, aux mégas logiciels de base de données pour entreprises qui coûtent des milliers de dollars qui ont MySQL (gratuit) comme rival. Les compagnies qui dépendent des recettes de ces logiciels doivent s’arracher les cheveux en constatant la popularité toujours grandissante des « clônes » gratuits, à code ouvert.
Vous me direz que la qualité des logiciels gratuits vous laisse sceptique puisque le travail des programmeurs n’est pas encadré et unifié comme dans une compagnie. Vous me direz, encore, que les groupes qui développent les « clônes » gratuits font du « rattrapage » en voulant imiter les nouvelles fonctionnalités des mégas logiciels coûteux qui bénéficient d’un budget gargantuesque. Peut-être même que le support aux utilisateurs des petits groupes « amateurs » ne sera aussi fiable que celui d’une grosse compagnie comme Microsoft ou Oracle ou Adobe. La réponse est simple: on cherche le meilleur qualité-prix. Et si tu divises par le prix d’un logiciel gratuit, tu divises par zéro. Et dans mes livres de maths, ça donne infini (on ne peut diviser par zéro, mais on divise par un nombre tellement petit, on dit qu’il « tend vers » zéro). Donc, qualité/prix = infini. Pour ce qui est du rattrapage, c’est vrai, on ne peut tout simplement pas rivaliser contre de grosses entreprises qui dépensent des millions pour développer un logiciel, mais rares sont ceux qui ont toujours besoin de la technologie « top notch ». Pour tous les autres, l’homologue gratuit leur ira à merveille. Et avec la popularité des logiciels à code ouvert, une communauté de gens qui s’entre-supportent a vu le jour sur Internet. Des millions d’utilisateurs sur des milliers de forums attendent juste qu’on leur fasse part de nos interrogations par rapport à un certain programme, et ils nous répondront de bon coeur, du mieux qu’ils le peuvent.
Finalement, un des autres avantages de ces programmes est le code ouvert même. Si je ne suis pas content que le piton en haut à gauche de mon logiciel soit rouge et qui brille quand je pointe mon curseur dessus, eh bien je peux le changer à ma guise. Si je veux intégrer une nouvelle fonctionalité parce que le programme ne répond pas totalement à mes besoins, je suis libre de le faire. Et pourquoi ne pas en profiter pour partager mes trouvailles avec les autres, et ainsi faire bénéficier la communauté de mon intellect?
Alors comment l’industrie du logiciel (qui doit néanmoins continuer à générer des revenues afin de survivre) s’adapte aux nouvelles règles de jeu? Un nouveau marché, qui focus sur la personnalisation des logiciels, est né. Ces compagnies se sont jetés sur la vague du open source et tentent de la surfer en offrant, aux clients désireux, de personnaliser un logiciel libre afin qu’il réponde à leurs besoins spécifiques.
Pourquoi payer, quand tu es un étudiant ou une jeune compagnie, des milliers de dollars en licences diverses pour des logiciels? Je pars ma compagnie: je veux quelques ordinateurs, un petit serveur pour mon site web, un logiciel bien simple de traitement de texte, et quelques programmes anodins mais combien essentiels (compression de fichier, par exemple). Est-ce logique de dépenser des milliers de dollars sans même commencer à engendrer des revenus dans ma compagnie? Est-ce un privilège ou un droit de bénéficier de logiciels dans nos ordinateurs toujours plus puissants? On paie cher pour l’équipement informatique, ça je comprends, mais s’il vous plaît, fournissez les organes vitaux dedans pour le rendre utilisable.


le 7 mai 2006 à 17:35
Arguments tout-a-fait arbitraires, dependant du fait que les logiciels semble ne pas avoir de valeur pour vous. Donc une nouvelle entreprise devrait payer pour des PCs, des bureaux, des assurances, etc, mais ne pas payer pour des logiciels? Avec les memes argument, une nouvelles compagnie devrait-elle attendre de faire des revenu avant de payer ses employes?
Pour partir une nouvelle entreprise, il faut des milliers de dollars d’investisement, et le prix des logiciels est tout-a-fait minime compare au reste, incluant tout le mobilier et le salaires et le temps des employes. La seule raison pour laquelle les logiciels aurait un traitement different, c’est parce qu’ils n’ont pas de forme physique facilement identifiable, tout comme n’importe quel autre type de service.
Le commentaire venant de Linuxword, moins la propagance open-source, c’est au sujet du monde des logiciels modifie pour une entreprise en particulier, et cela n’est pas gratuit. Les memes services existe deja pour customiser Office, bases de donnees et autres, ce n’est pas nouveau du tout. Tous ces logiciels on des SDK pour ajouter des fonctions. Par contre, avec les logiciels commerciaux, il y a beaucoup de solutions deja faites qu’un compagnie peux acheter directement sans avoir besoins de payer des consultant pour en creer une toute nouvelle. Elles profites ainsi de l’experience existante.
Rien n’est gratuit, et le prix de 500$ pour Windows est tout-a-fait minime pour une compaqnie, c’est le prix de deux jours de travail d’un employee, ou d’une demi journee d’un consultant qui chercherait a construire une solution en assemblant des modules qu’il soit open source ou non. Ca se paie tout seul. L’Open Source n’est gratuit que si le temps des gens est gratuit, et ce n’est pas le cas. Seulement le temps des etudiants est gratuit.
le 10 mai 2006 à 22:57
D’accord, ça existe déjà des compagnies qui offrent des solutions pour rajouter des fonctions mais venez pas me dire que le code de Windows peut être accédé et modifié à notre guise…et c’est justement la force du open source: il y a tellement de monde qui voit le code, qui le lit que les probabilités de faire des erreurs de codage sont vraiment moins élevés que dans une compagnie où ce ne sont que leur petit monde à eux qui le lit. D’où les failles de sécurité dans de nombreux programmes dont Explorer. La faille est dûe à l’erreur humaine dans le codage.
Et finalement, peut-être que pour une méga entreprise, acheter des milliers de licenses pour un programme ça ne va pas paraître, mais pour moi, s’il faut que je paie 3 licenses de Photoshop pour mes 3 designers dans ma compagnie qui en compte 5 employés, eh bien je vais vraiment être content de sauver 2400$ en utilisant GIMP à la place, gratuitement. Oui mes employés, eux, je vais les payer, en passant. Mais aucun logiciel.
le 10 mai 2006 à 23:04
…et aussi, le temps des étudiants est loin d’être gratuit. Rares sont ceux qui ne travaillent pas en même temps de nos jours