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Vatican

Avec la canicule qui frappe l’Italie ces jours-ci, il devient de plus en plus difficile de dormir ; me voilà donc réveillé à 5:30 du matin. Ici, à 9hres, il fait déjà 30°C dehors, et la température continue de grimper jusqu’aux alentours de 40°C vers 14hres, pour ainsi redescendre à 30°C le soir venu. Au moins, à Bari, où j’écris ces lignes, c’est moins suffocant qu’à Roma puisqu’il y a le petit vent de la mer Adriatique qui souffle sur la ville.

On a dit aurevoir à Roma, hier. Quoique nullement déçu de quitter l’hôtel miteux où nous séjournions, j’avais un petit pincement au coeur à l’idée que je remettrais peut-être plus jamais les pieds dans cette ville. Il y avait tellement à voir et à apprendre que 5 jours là-bas était nettement insuffisant. Nous avons marché, avons traversé la ville maintes et maintes fois ; nous essayions tant bien que mal de respirer à pleins poumons l’air historique du berceau de l’Occident. Cet air si riche des conquêtes et du déclin subséquent de l’Empire Romain ne pourra jamais, toutefois, révéler tous ses secrets à quiconque le respire. Cette réalité nous fait donc mieux accepter de partir vers la côte inhaler l’air marin…

Devant les richesses matérielles ainsi que l’avant-gardisme des technologies et des politiques de la Rome antique, il m’était de plus en plus difficile de concevoir comment tout cela avait pu aboutir à une telle implosion. Et c’est cocasse de voir que la fin d’une ère a été causée par ce qui est désormais leur fierté : la religion catholique. En effet, l’économie des Romains était basée sur le cheap labour des esclaves (un peu comme aujourd’hui avec la mondialisation qui favorise l’exploitation de la main-d’oeuvre des pays pauvres). Un mouvement chrétien commença à se manifester et les authorités romaines le redoutait puisque les valeurs d’égalité et de partage que défendait cette religion allaient à l’encontre des principes économiques. On tâcha donc de tuer l’oeuf avant qu’il n’éclore en torturant les leaders religieux (pensez aux martyrs à qui l’Église rend hommage pour leur sainte foi). C’était comme un vent socialiste soufflant de plus en plus fort sur une flamme qui carburait aux inégalités sociales et aux pots-de-vin. Avec le temps, la petite brise devint un gros Chinook, et la flamme s’éteignit. Sans esclaves, sans carburant pour alimenter le gros moteur qu’était l’économie d’antan, le pays tomba en panne sèche et s’en suivit une période très sombre, appelée Dark Ages. Le pays devint pauvre, l’armée de moins en moins puissante, et l’activité scientifique (inventions, découvertes…) chuta. C’était le déclin de l’Empire Romain qui allait durer des siècles. C’est pour cette raison que tous les vieux monuments sur les sites archéologiques ne sont plus ornés des pierres précieuses (or, bronze…) qui les habillaient si majestueusement autrefois. N’ayant ni ressources ni argent, les papes ré-utilisaient ces métaux sur les nouveaux bâtiments religieux. En visitant la Cité du Vatican et toutes ses richesses, il est facile de le constater. C’est vrai, au fond, que c’était l’égalité sociale : tout le monde était pauvre! L’Église, elle, était le lien direct avec Dieux alors elle était en droit de voler les richesses du peuple et d’en remplir ses coffres divins…

Nous sommes donc arrivés à Bari, une ville beaucoup plus simple et tranquille. En se rendant ici, nous n’avions pas réservé de siège pour le train, et il s’est avéré être bondé de monde. Nous avons donc dû changer de place 4-5 fois car il y avait toujours quelqu’un qui montait à bord et nous disait: “Heu, c’est ma place…”. En fait, nous ne savions pas que c’était un train à grande vitesse (du genre TGV) alors nous avons écopé d’une amende puisque nous n’avions pas de billet. Quel plaisir avons-nous eu à se débattre pour s’expliquer au contrôleur italien!

La journée s’amonce chaude : je sue qu’à faire valser ma plume. Je vais aller prendre mon café au bistro du coin. J’adore cette petite habitude de se lever tôt, aller voir le Giuseppe du caffè et lui dire : “Buongiorno! Verrei una caffè solo, grazie!“. Je le bois debout au bar en lui jasant du mieux que je le peux. Il m’écoute, tout sourire, linge à vaisselle à la main, appréciant visiblement mon effort à lui parler dans sa langue. Puisque les cafés ici sont des espressos deux fois plus petits et deux fois plus forts que ceux des Français, je le bois en 5 minutes, m’évitant ainsi de sortir mon dictionnaire car j’ai épuisé ma banque de phrases. Je laisse la monnaie sur le bar, lui envoie la main, et ouvre la porte vers une autre journée qui ponctuera mes rêves à mon retour.


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3 commentaires sur 'Le déclin d’un empire'

  1. solange dit:

    le 30 juillet 2006 à 16:15

    très belle photo. Je me régale de voyager avec vous grâce au blog. tendresse. maman solange

  2. Ginette dit:

    le 7 octobre 2006 à 15:43

    Je voudrais savoir combien de religions y a-t-il dans le monde. combien y a-t-ils en perdition. Comment peut-on contree le mal si la planete est atteint a 99%.Moi je vis d espoir que a un moment Dieu fera le menage et pendant qu il fait son menage ont va en voir de toute les couleur,d ailleure c est deja commencer .

  3. Tilex dit:

    le 8 octobre 2006 à 16:58

    Je ne saurais répondre à vos questions. Je vous réfère ici. Pour ce qui est de votre affaire de Dieu et son “ménage”…laissez-moi seulement esquisser un sourire, en guise de respect.